L’alphabétisation et les compétences de base des adultes : un défi toujours d’actualité pour les commissions scolaires :

Résultats de l’Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes

Les résultats québécois de l’Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA) menée en 2003 révèlent qu’entre 800 000 et un million de Québécoises et de Québécois de 16 à 65 ans éprouvent de sérieuses difficultés à lire et à résoudre des problèmes de calcul liés à la vie courante. Les données confirment la persistance de l’analphabétisme au Québec et soulignent l’importance aujourd’hui, plus que jamais, de promouvoir et de multiplier les actions en matière d’alphabétisation et de formation de base des adultes.

Les données interpellent les associations vouées à l’éducation des jeunes et des adultes, dont la Table des responsables de l’éducation des adultes et de la formation professionnelle des commissions scolaires du Québec (TRÉAQFP) et la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ). Les commissions scolaires ont un rôle considérable à jouer en alphabétisation et en formation de base des adultes. En vue de remplir pleinement ce rôle, elles souhaitent que le gouvernement du Québec accentue l’engagement amorcé dans le cadre de la Politique de l’éducation des adultes et de la formation continue (PEAFC). Comme le plan d’action découlant de la politique gouvernementale entreprendra bientôt sa dernière année, les commissions scolaires aspirent à l’instauration de mesures permanentes et durables, afin de soutenir les efforts d’alphabétisation et d’éducation tout au long de la vie.

Comparativement aux résultats de l’enquête menée en 1994, les résultats de l’EIACA de 2003 annoncent une diminution de la population québécoise très faiblement alphabétisée et une augmentation des scores moyens en lecture. Malgré ces progrès, les résultats québécois demeurent préoccupants. Ils révèlent notamment que :

  • le Québec occupe toujours une place inférieure à la plupart des provinces quant au pourcentage de personnes faiblement alphabétisées;

  • le niveau de compétence en lecture des décrocheurs de 16 à 25 ans est moins élevé que celui des jeunes des autres provinces dans la même situation;

  • les taux de participation à la formation sont plus bas au Québec qu’ailleurs au Canada.

Les résultats de l’Enquête confirment, par ailleurs, que la scolarité constitue un facteur déterminant dans l’acquisition des compétences en lecture; ils démontrent, en effet, une nette amélioration de la situation chez les adultes qui ont au moins un premier diplôme par rapport à ceux et à celles qui n’en ont pas. Ils nous apprennent aussi que la scolarité des parents joue un rôle dans l’acquisition et le maintien des compétences en littératie chez les enfants. Bref, la scolarité, la nôtre et celle des parents, a une incidence déterminante sur l’avenir des générations futures. Il faut s’inquiéter des conséquences que peuvent engendrer chez les enfants l’absence de diplôme et de faibles compétences des parents québécois révélées par les résultats de l’Enquête.

Pour Jean-Yves Desjardins et André Caron, respectivement président de la TRÉAQFP et président de la FCSQ, les commissions scolaires peuvent accroître l’expression de la demande de formation et, pour ce faire, « elles ont besoin de moyens permanents comme des services d’accueil, de référence, de conseil et d’accompagnement, ainsi que des campagnes de publicité locales, régionales et nationales », affirment-ils.