
Pas plus tard que l’année dernière, le
président de la Confederation of British Industry,
monsieur Digby Jones, déclarait que les personnes non
qualifiées seraient bientôt au chômage.
«Ce sera sans doute dans les dix prochaines années»,
avait-il ajouté.
Ces paroles m’ont longtemps trotté dans la tête,
plus spécialement le 1er mai dernier, Journée
internationale des travailleurs. J’ai alors pris conscience
de tous les efforts investis pour instaurer la formation de
base en entreprise (FBE) dans les dernières années.
C’est une chance car, pour de nombreux travailleurs,
la FBE constitue le tremplin vers une démarche de formation
continue.
Vous l’aurez compris, ce bulletin Trousse et retrousse
est dédié à la formation de base en entreprise.
En lisant le Mur des célébrités, vous
découvrirez monsieur Denis Bélanger, directeur
adjoint du Centre Saint-Michel, à Sherbrooke, et animateur
du comité de la formation de base en entreprise de
la TRÉAQFP. Avec les autres membres du comité,
il facilite la mise sur pied de projets de FBE dans les commissions
scolaires.
Le travail de deux commissions scolaires de Montréal
est également souligné. Leur ambition : relancer
la formation de base par la concertation et l’innovation
dans le Sud-Ouest de Montréal. La TRÉAQFP
annonce aussi un projet de répertoire en ligne sur
la FBE, disponible dès l’automne sur son site
Web. Ne manquez pas non plus la chronique de ce mois-ci, qui
traite de stratégie de communication!
Enfin, tout ceci n’est qu’un aperçu. Vous
en apprendrez plus sur la formation de base en entreprise
et le milieu actif qui la promeut en vous plongeant dans cette
édition de Trousse et retrousse!
Diane
Pouliot,
agente de développement et de communication
diane.pouliot@fcsq.qc.ca

Réveillez le stratège qui sommeille
en vous!
Qu’est-ce qu’une stratégie de communication?
Pour bien des gens, il s’agit d’un concept assez
nébuleux. Pourtant, nous élaborons et utilisons
tous les jours des stratégies de communication. Vous
en doutez?
Prenons un exemple : imaginez que vous désiriez inviter
votre famille à bruncher dimanche prochain. Comment
vous y prendrez-vous? De nos jours, avec tous les moyens de
communication mis à notre disposition, ce n’est
pas le choix qui manque! Mais il y a fort à parier
qu’il ne vous viendra même pas à l’esprit
de publier votre invitation dans les journaux, ni d’envoyer
votre invitation par pigeon voyageur. Vous choisirez plutôt
le téléphone ou l’envoi d’un courriel.
En bref, vous choisirez d’instinct des moyens qui vous
permettront de rejoindre les personnes visées et de
leur faire passer le message efficacement. Vous aurez donc
élaboré et appliqué une stratégie
de communication… sans même vous en rendre compte!
Malheureusement, quand vient le temps de poser des actions
de communication, il arrive qu’on oublie de penser à
la stratégie. Par exemple, on voit souvent des entreprises
ou organismes commanditer par-ci, par-là certains événements
ou faire paraître une page de publicité sans
vraiment s’interroger sur la capacité de ces
actions à atteindre leur objectif.
C’est dommage, car produire à grands frais une
magnifique affiche ou un superbe dépliant ne sert à
rien si vous n’avez pas élaboré un plan
pour que cette affiche soit vue par votre clientèle
cible ou pour que votre dépliant se retrouve entre
les mains de vos clients potentiels. Pour élaborer
ce plan, il est recommandé de consulter un spécialiste,
et ce, dès que possible, de façon à mieux
orienter votre campagne. En effet, définir la stratégie
permet de mieux encadrer toutes les étapes subséquentes
de votre campagne, de la conception jusqu’au bilan après-campagne.
Quelles sont les grandes étapes d’une
planification stratégique?
En communication, une stratégie se définit comme
l’art de produire, avec les ressources dont on dispose,
des actions de communication efficaces pour atteindre un objectif.
Autrement dit, c’est votre plan d’attaque! Et
ce plan d’attaque doit donc tenir compte de l’ensemble
des facteurs qui peuvent influencer vos décisions :
le budget, le contexte économique et médiatique,
les médias disponibles, etc.
Il s’agit donc d’une tâche complexe et il
n’existe pas de modèle unique. Toute stratégie
doit être élaborée sur mesure en fonction
des objectifs et du contexte de chaque campagne. L’élaboration
d’une bonne stratégie exige donc qu’on
s’arrête pour poser certaines questions et y apporter
des réponses :
1) Ai-je étudié l’environnement
dans lequel je m’apprête à lancer ma campagne?
Votre campagne ne sera pas lancée dans un environnement
neutre. Il existe des lois, des standards et des conventions
qui devraient influencer votre stratégie. Par exemple,
il est possible que la loi vous interdise de garantir l’efficacité
de votre produit ou de vous identifier comme un « spécialiste
» dans votre domaine si vous ne faites pas partie d’un
ordre professionnel.
Par ailleurs, il est possible que le public et les médias
ne soient pas sensibles ou sympathiques à votre message.
Il est aussi possible que la conjoncture économique,
politique ou sociale ne se prête pas à l’atteinte
de vos objectifs. Est-il possible que vos attentes soient
irréalistes? Il vous faudra peut-être adapter
votre message ou revoir votre stratégie.
D’autre part, avez-vous jeté un œil sur
les campagnes de vos compétiteurs ou de vos partenaires?
Sont-ils très visibles? Quels outils utilisent-ils?
Dans quels médias annoncent-ils? Investissent-ils plus
que vous? Avez-vous intérêt à prendre
exemple sur eux ou à vous démarquer? Voilà
autant de questions auxquelles vous devriez penser avant de
vous lancer. À vos devoirs!
2) À qui s’adresse cette campagne?
Très souvent, on entend des communicateurs en herbe
dire «Ma campagne s’adresse à Monsieur
et Madame Tout-le-monde». Cela peut sembler très
logique puisqu’après tout, pourquoi ne pas annoncer
la bonne nouvelle à qui veut bien l’entendre?
La réponse est simple : parce que parler à tout
le monde coûte très cher et que ce n’est
pas très efficace. En effet, à quoi sert d’annoncer
à grands frais dans le journal Le Devoir si
les personnes susceptibles d’être intéressées
peuvent aussi bien être rejointes par le biais de l’hebdomadaire
local? Pourquoi faire distribuer un dépliant dans toutes
les boîtes aux lettres de la région alors qu’on
aurait pu l’envoyer, accompagné d’une lettre
personnalisée, à une liste de personnes que
l’on sait susceptibles d’être intéressées?
Pourquoi annoncer à la télévision si
notre cible ne l’écoute pas?
En fait, il y a fort à parier que le message de votre
campagne ne s’adresse pas à tout le monde et
qu’il est susceptible d’intéresser seulement
un groupe très précis de personnes : les jeunes
décrocheurs de la région de Sherbrooke âgés
de 15 à 20 ans, les travailleurs de 45 ans et plus
ayant des difficultés de lecture et d’écriture,
les parents de jeunes enfants en âge d’être
alphabétisés, etc.
Pour que votre campagne soit efficace et rentable, oubliez
Monsieur et Madame Tout-le-monde et concentrez-vous sur votre
clientèle cible. Quels journaux lit-elle? Écoute-t-elle
la radio ou la télévision? Et si oui, à
quelles heures? Habite-t-elle sur un territoire restreint
ou est-elle éparpillée? En apprenant à
mieux connaître votre clientèle cible, il vous
sera plus facile de juger si une action de communication est
de nature à l’atteindre ou à manquer…
la cible!
3) Quel doit être mon budget et comment dois-je le dépenser?
Si seulement il suffisait d’investir beaucoup pour obtenir
de bons résultats! En fait, ce n’est malheureusement
pas le cas. Il arrive que des sommes colossales soient investies
pour rien… ou à peu près. Et il arrive
aussi que des campagnes à petit budget donnent de très
bons résultats. Alors comment savoir combien investir?
Et comment dépenser ces sommes?
C’est tout un art que de planifier un budget de communication
puisque de nombreux facteurs entrent en ligne de compte. Mais
une chose est certaine : votre budget devra être suffisant
pour que votre campagne ait «du poids». C’est-à-dire
pour qu’elle occupe l’espace médiatique
de manière à ce que votre clientèle cible
y soit suffisamment exposée. Et qu’est-ce qu’une
occupation suffisante de l’espace publicitaire? Cela
dépend de la complexité de votre message, de
la durée de vie du média utilisé. Par
exemple, une publicité publiée une seule fois
dans un quotidien ne suffira sans doute pas pour que l’ensemble
de votre clientèle cible y soit exposé. Il vous
faudra sans doute publier cette même annonce plusieurs
fois pendant quelques semaines pour qu’elle ait l’impact
souhaité. Il est possible aussi que vous ayez à
utiliser plusieurs outils différents pour atteindre
l’ensemble de votre cible. Vous devez donc établir
votre budget en conséquence.
4) Dans quels médias dois-je annoncer?
La planification médiatique est une étape très
importante. Non seulement faut-il que vous choisissiez des
médias auxquels votre clientèle cible risque
d’être exposée, mais il vous faut aussi
prévoir quand et combien de fois vous annoncerez dans
ces médias. C’est une question de timing
et de régularité. Souvenez-vous, il faut que
vous soyez présent de façon significative et
que vous répétiez votre message plusieurs fois
pour vous assurer d’atteindre votre clientèle
cible.
La planification médiatique se complique quand les
médias disponibles et abordables ne conviennent pas
à votre message ou ne sont pas appropriés pour
rejoindre votre cible. Par exemple, on sait que les jeunes
adolescents ne consultent pas les journaux et regardent peu
la télé. Alors comment faire pour les rejoindre?
Dans ces cas, il faudra faire preuve de créativité
et sortir des sentiers battus. Pourquoi ne pas annoncer au
cinéma? ou dans les autobus?
5) Existe-t-il d’autres moyens que la publicité
pour atteindre mes objectifs?
Bien souvent, quand on se lance dans une campagne de communication,
on pense d’abord à faire de la publicité
dans les médias. Mais il faut se rappeler qu’il
existe d’autres types de communication qui peuvent nous
aider à atteindre nos objectifs. Les relations de presse
et les communications internes, par exemple, sont très
souvent oubliées bien qu’elles puissent se révéler
tout aussi efficaces… et souvent moins coûteuses!
Avez-vous pensé à communiquer vos objectifs
à votre personnel? Avez-vous pensé à
impliquer les médias locaux dans la diffusion de votre
message? Non? Vous devriez sans doute y penser et inclure
ce type d’action de communication dans votre stratégie!
Vous trouvez que cela fait beaucoup à penser? Vous
avez raison, mais n’importe quel stratège en
communication vous le dira : se lancer dans une campagne de
communication sans élaborer de stratégie, c’est
l’équivalent d’inviter sa famille à
bruncher en lançant des bouteilles à la mer.
Vous serez bien chanceux si quelqu’un se pointe dimanche
prochain!
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