Dernière enquête sur l’alphabétisation : les compétences en littératie se sont améliorées depuis 1994

Les compétences de la population québécoise en littératie tendent à s’améliorer depuis l’enquête de 1994. Nos moyennes demeurent toutefois inférieures à celles du Canada.

L’Institut de la statistique du Québec vient de rendre publics les résultats québécois qui se dégagent du rapport canadien de l’enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA) de 2003, publié par Statistique Canada.

Rappelons que le concept de littératie se définit comme « l’aptitude à comprendre et à utiliser l’information écrite dans la vie courante, à la maison, au travail et dans la collectivité en vue d’atteindre des buts personnels et d’étendre ses connaissances et ses capacités » (Legendre, 2005 : 841).

Pour participer pleinement à la vie en société, les individus doivent posséder de solides compétences de base : savoir lire, traiter et analyser de l’information de façon à comprendre la réalité et à prendre des décisions éclairées. Il importe pour une société d’accroître les compétences de base des adultes qui la composent.

Cela justifie que les compétences des Québécoises et des Québécois soient mesurées et comparées à celles d’autres populations au Canada et dans le monde. L’enquête de 2003 apporte un éclairage à ce sujet.

Quatre domaines de compétence ont été mesurés, soit la compréhension de textes suivis, la compréhension de textes schématiques, la numératie (traitement de l’information mathématique dans les activités de la vie courante) et enfin, la résolution de problèmes.

Des niveaux de compétence sont établis dans chacun de ces domaines, selon un continuum allant de
« très faibles compétences » (niveau 1) à « compétences élevées (niveaux 4 et 5). Le niveau 3 peut être vu comme le niveau «souhaité » pour fonctionner aisément dans la société actuelle.

Le groupe d’âge des adultes visés par l’enquête se situe entre 16 et 65 ans.

En résumé, la population québécoise améliore de manière importante ses compétences en compréhension de textes suivis. Les moyennes demeurent inférieures à celles du Canada pour la compréhension de textes suivis et la compréhension de textes schématiques. En numératie et en résolution de problèmes, la moyenne obtenue par le Québec ne se différencie pas de la moyenne canadienne.

Plus particulièrement :

  • En compréhension de textes suivis, un peu moins de la moitié des adultes québécois atteignent ou dépassent le niveau 3. Autour du quart des adultes (22 %) se classe au niveau 1;
  • Les compétences de la population québécoise en compréhension de textes suivis tendent à s’améliorer entre 1994 et 2003. On observe un changement significatif dans le score moyen obtenu, lequel passe de 255 à 266 points, contre une augmentation de 270 à 272 pour le Canada. Une réduction des écarts entre les moyennes québécoises et canadiennes certes, mais ces écarts sont encore significatifs.

Au niveau sociodémographique,

  • Les Québécois âgés de 16 à 25 ans obtiennent de meilleurs résultats que leurs aînés;
  • Le niveau de scolarité est étroitement lié aux compétences des individus en littératie. Les moyennes augmentent significativement avec la hausse du niveau de scolarité. Ainsi, les personnes qui n’ont pas terminé le secondaire obtiennent un score moyen de 223 points, entre les niveaux 1 et 2, alors que ce score se situe près de la limite supérieure du niveau 2 (267) pour celles qui détiennent un diplôme d’études secondaires;
  • L’enquête tend à démontrer que l’écart global entre le Québec et le Canada pourrait en partie être attribuable aux compétences plus faibles des personnes qui n’ont pas poursuivi d’études au niveau du secondaire.

Au niveau socioéconomique,

  • Les adultes en emploi obtiennent en moyenne des scores correspondant au niveau 3, contrairement aux personnes sans emploi qui se positionnent en moyenne au niveau 2;
  • Les personnes ayant participé à des formes structurées d’éducation et de formation des adultes ont de meilleures moyennes que les autres en littératie.

En conclusion, l’enquête fait ressortir que les adultes québécois semblent être en voie d’améliorer leurs compétences en littératie et qu’il importe de persévérer dans cette direction. Les résultats montrent l’importance de favoriser une hausse du niveau de scolarité, un facteur associé positivement aux compétences en littératie. Outre la formation initiale, il importe aussi de veiller au maintien et au développement des compétences acquises.

Un rapport, publié au premier trimestre de 2006 par l’Institut de statistique du Québec, abordera plus en profondeur la question de la littéracie au Québec en 2003.

Le présent résumé est tiré de la publication disponible sur le site Web de l’Institut de statistique du Québec :

http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/sante/pdf2005/fs_Eiaca2003.pdf